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Travailler plus...

Nouvelle offensive sur la durée du travail

Publié le 25 avril

Pour l’effet "wahoo", la sidération, Macron va devoir revoir sa copie d’ici à la conférence de presse qu’il doit finalement tenir ce jeudi 25 avril pour faire l’après-vente de ses annonces quelque peu éventées depuis qu’il a renoncé à son allocution.

Tellement éventées que l’une d’entre-elles consistant à nous faire travailler plus longtemps pour financer la prise en charge de la dépendance a déjà fait l’objet d’un sondage publié dimanche. Interrogés sur le principe de "travailler plus", 54 % des Français y sont opposés. Sans surprise, les dirigeants d’entreprises approuvent l’idée à 61 %, mais ils ne sont que 39 % parmi les salariés du privé, 35 % parmi ceux du public et 26 % parmi les chômeurs.

Un sondage n’est qu’un sondage, mais la députée LREM Aurore Bergé se dit quand même "persuadée que les Français sont d’accord pour travailler plus si on explique que 100 % des recettes de la journée de solidarité sont consacrées à la baisse de leurs impôts ou au financement des Ehpad". Tout est donc une question de pédagogie... mais surtout de communication. On va donc nous expliquer que les Français peuvent bien renoncer à un jour férié de plus s’ils veulent non seulement être solidaires de leurs aînés, mais aussi rassurés sur la prise en charge du risque de perte d’autonomie qui pèse sur chacun d’entre nous. Et on va aussi nous expliquer que nous sommes vernis et gâtés par rapport à nos voisins européens pour ce qui est de la durée du travail.

Or selon une étude de la Dares de 2018, la durée par semaine de travail habituelle est plus élevée en France, ainsi qu’en Suède et au Royaume-Uni, par rapport à l’Allemagne, le Danemark, l’Espagne, l’Italie et les Pays-Bas. Mais si en France la durée légale du travail est de 35 heures, en fait, la durée effective, c’est-à-dire le temps réel durant lequel les Français travaillent, dépasse les 39 heures -39,1 exactement-, qui marquent toujours la durée légale du travail, c’est un seuil, mais ce n’est plus une limite. En effet, les 35 heures ne sont pour beaucoup de salariés qu’une norme sociale mais pas une réalité car elles ont été largement détricotées, assouplies tant par Nicolas Sarkozy que par François Hollande ou encore dernièrement par les ordonnances Pénicaud.

La réalité c’est notamment que les salariés qualifiés et en responsabilités sont massivement soumis au régime du forfait-jours. Toutes ces dérogations et détricotages font qu’aujourd’hui le Medef ne se donne même plus la peine de réclamer la fin des 35 heures.

C’est donc une nouvelle offensive contre la durée du travail que nous annonce Macron en prenant prétexte de la solidarité pour nos aînés. Tout un symbole. Il le fait alors que l’on célèbre en ce moment les 100 ans de la journée de huit heures, revendication phare du mouvement ouvrier de la fin du XIXème siècle, à l’origine des manifestations du 1er mai. On voit bien avec Macron que la marche du progrès se fait à reculons.