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Justice sociale :

Arrêtez de taxer les retraités au profit du CAC 40 !

Publié le 8 janvier

Quand la rédaction de Vie nouvelle a décidé fin octobre de faire un nouveau dossier dénonçant la multiplication des attaques d’Emmanuel Macron et du gouvernement d’Edouard Philippe contre le pouvoir d’achat des retraités, l’actualité nous fournissait déjà une diversité d’arguments. Mais il nous manquait l’information suivante parue depuis : le salaire annuel moyen des patrons des 40 plus grandes entreprises cotées à la Bourse de Paris atteignait 5,07 millions d’euros en 2017, soit une paie mensuelle moyenne de 425000€. Leur seule augmentation de 14% en 2017 par rapport à 2016, donne à ces gens 59500€ de plus par mois. En un an, leur salaire mensuel est passé de 300 fois à 350 fois le Smic.

Les pensions baissent, les dividendes augmentent

Et en même temps, un retraité qui percevait 1600€ de pension nette mensuelle en 2017 a vu celle-ci baisser de 30€ environ en 2018. Qui plus est, Macron et son gouvernement ont taxé les retraités pour éviter à ces mêmes patrons de faire payer par leur entreprise les deux ou trois dizaines d’euros de plus par mois que perçoivent leurs salariés depuis octobre.

On peut aussi penser que la suppression de l’Impôt de solidarité sur la fortune(ISF), décidée dès son élection par le président de la République, a poussé les administrateurs des grandes firmes à voter ces importantes augmentations de salaires pour leurs PDG. Car ils espèrent, en retour, une augmentation des dividendes suite à la suppression de l’ISF.Ces administrateurs se gaveront à leur tour au détriment de la masse des salariés, mais aussi des investissements qu’il conviendrait de faire. Cela se traduit par des fermetures d’usines en France pour délocaliser la production dans des pays à bas coup de main-d’œuvre, comme on l’a vu avec Whirlpool à Amiens et peut-être bientôt avec Ascoval, ce sous-traitant que le donneur d’ordre Vallourec cherche à conduire au dépôt de bilan sans en donner les raisons.

Les retraités paient le cadeau fait aux patrons

Dans la liste des patrons des 40 entreprises les plus cotées en Bourse figurent ceux de Dassault, Renault, PSA Peugeot-Citroën, Sanofi, Orange, LVMH, Mittal, Bouygues, des banques et compagnies d’assurances. Depuis un an, plusieurs ministres répètent en boucle que « le travail doit payer ». Le 28 octobre dernier, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, disait encore au quotidien Le Parisien : « Nous voulons que ceux qui travaillent puissent vivre mieux. C’est l’objet de la baisse des cotisations sociales… ». Déclarant cela, il occultait le fait que cette baisse de deux cotisations salariales (chômage et maladie),effacées désormais du bulletin de paie des actifs, est essentiellement supportée par les retraités via la CSG. Ainsi, l’opération ne coûte pas un seul centime aux entreprises.

Un gouvernement au service exclusif des milliardaires

Mais le smicard qui perçoit 17€ de plus depuis octobre 2018 sous forme surtout d’une prime, reste néanmoins plus pauvre qu’avant. Car, en même temps, les augmentations de carburant dans 6 mois et en 2020 effaceront ces maigres augmentations.

En 1977, Marcel Caille, dirigeant national de la Cgt a publié un livre intitulé Les truands du patronat. Il y dénonçait l’utilisation de voyous par certains patrons pour moucharder et brutaliser les militants de la Cgt,dans le but de neutraliser un syndicalisme assurant la défense des revendications du personnel.

Aujourd’hui, les truands du patronat sont à l’Élysée, à Matignon et à Bercy. Ils ne font pas le coup de poing contre les salariés. Mais, 50 ans après la grande grève de 1968, ils les spolient et tentent de leur faire prendre des vessies pour des lanternes.

À en juger par la vague de mécontentement qui monte dans le pays, ils n’ont pas gagné la partie. Et nous pouvons dire que l’Union confédérale des retraités CGT a beaucoup contribué à faire prendre conscience aux Français que Macron et son gouvernement sont allés trop loin au service exclusif des très riches.